On peut l’avouer après-coup : rares sont ceux qui avaient pronostiqué un match nul de la RDC face au Portugal de l’immense Cristiano Ronaldo. Pourtant, au coup de sifflet final, les Léopards peuvent presque nourrir des regrets, tant ils auraient pu prétendre à mieux.
Le film du match Sébastien Desabre, le sélectionneur de la RDC, avait annoncé la couleur d’un match a priori fermé en alignant d’entrée cinq défenseurs et trois milieux de terrain. Difficile de faire autrement face à l’armada adverse, le Portugal alignant la meilleure paire de milieux au monde avec les Parisiens Vitinha et João Neves, épaulés par l’inusable Bernardo Silva – fraîchement transféré au Real Madrid – et Bruno Fernandes, le métronome de Manchester United.
Six minutes ont suffi aux Portugais pour ouvrir le score. Sur un centre bien brossé, João Neves a repris le ballon de la tête à bout portant, trompant Lionel Mpasi, le gardien havrais. À cet instant, la soirée s’annonçait longue et les 90 minutes menaçaient de durer une éternité. Elle l’a effectivement été, mais pas pour le camp que l’on croit. Au fil des minutes, la prétendue maîtrise portugaise s’est brisée sur l’incapacité à percer le double rideau défensif des Congolais.
Esseulés en attaque, Cédric Bakambu et Yoane Wissa ont gratté les moindres ballons. Une première frappe de l’attaquant de Newcastle est intervenue dès la 11e minute. Dans l’entrejeu, l’impact physique des Congolais a bousculé les certitudes adverses, provoquant notamment un avertissement pour Bernardo Silva à la 20e minute après une faute sur Joris Kayembe. C’est finalement sur un corner obtenu dans le temps additionnel par l’indémodable capitaine Chancel Mbemba que l’espoir de tout un peuple est né. Libre de tout marquage au second poteau, Yoane Wissa a catapulté de la tête un centre au millimètre d’Arthur Masuaku, crucifiant Diogo Costa pour l’égalisation (45+5’). Les protestations des Portugais réclamant la fin du temps additionnel n’ont eu aucun effet sur le score, qui est resté inchangé jusqu’au coup de sifflet final.
Et CR7 dans tout ça ? La légende Cristiano Ronaldo a vécu une soirée de pure frustration. La discipline défensive des Congolais, s’appuyant sur un marquage à deux, voire à trois, ne lui a laissé aucun répit. Deux timides tentatives de l’attaquant d’Al-Nassr n’ont pas inquiété Lionel Mpasi. Signe flagrant de leur impuissance : les Portugais n’ont cadré que trois tirs, tous sans grand danger, malgré une possession écrasante (75 %). Après l’entrée en lice réussie de la Colombie face à l’Ouzbékistan (3-1), la RDC occupe une historique deuxième place du groupe K, à égalité avec le Portugal, avec l’avantage du fair-play grâce à un unique carton jaune concédé.
