Le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) a suspendu, mardi 16 juin 2026, le pasteur évangélique Jules Mulindwa de toute apparition médiatique pour une durée de 60 jours. Le régulateur des médias congolais reproche à l’homme d’Église des propos diffamatoires, injurieux ainsi que l’apologie du crime, tenus lors de plusieurs sermons devant ses fidèles en mai et juin 2026.
« Si Fatshi Béton tue les opposants, il n’aura pas péché aux yeux de Dieu. Pour conforter le pouvoir, il faut que l’épée mentionnée dans Romains 13 produise ses effets », affirme notamment le prédicateur dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux. Pour appuyer ses propos, il s’est inspiré d’un extrait de l’épître de Paul aux Romains (13:4) :
« Car [le Prince] est le serviteur de Dieu pour ton bien ; mais si tu fais le mal, crains ; parce qu’il ne porte point vainement l’épée, car il est le serviteur de Dieu, ordonné pour faire justice en punissant celui qui fait le mal. » (Traduction de la Bible de Martin).
Poursuivant sa prédication, Jules Mulindwa a estimé que la coalition C64, collectif opposé au changement de la Constitution, méritait d’être punie pour les troubles qu’elle occasionnerait : « Le président n’est pas hors mandat. Il lui reste encore deux ans et ils le savent. Tout ce qu’ils veulent, c’est instaurer une instabilité sécuritaire comme c’est le cas dans l’est de la RDC. »
Originaire d’une province meurtrie par la guerre, le pasteur a affirmé avoir perdu des proches, enterrés dans des fosses communes. Il a ainsi justifié sa position par le refus de voir ces tragédies se reproduire à Kinshasa, accusant l’opposition de vouloir importer le chaos dans la capitale.
Face à ces dérives, le CSAC a rappelé dans sa décision que l’expression des opinions dans les médias doit impérativement se conformer à la déontologie et aux lois régissant l’audiovisuel en RDC. L’instance de régulation met fermement en garde contre toute « provocation à l’assassinat d’un groupe d’individus », susceptible d’allumer la mèche d’un nouveau cycle de violences.
