Le match nul décroché par les Léopards de la RDC face au Portugal (1-1), lors de la première journée du groupe K du Mondial 2026, fait encore couler beaucoup d’encre. Cette performance d’exception a poussé les supporters congolais à chercher des explications audacieuses, pour ne pas dire farfelues, afin de décrypter ce qu’ils qualifient déjà de « nul victorieux » face à l’équipe de Cristiano Ronaldo.
Le 17 juin 2026 à Houston, alors que le match entrait dans le temps additionnel de la première période, le capitaine Chancel Mbemba a obtenu un corner. Joué à deux, ce coup de pied de coin a mis en scène Arthur Masuaku (dossard 26) et Ngal’ayel Mukau (dossard 6). Après une série de feintes, le jeune milieu a remis le ballon à Masuaku, dont le centre brossé a trouvé Yoane Wissa (dossard 20), esseulé au second poteau. Sa reprise de tête imparable a laissé le gardien Diogo Costa de marbre.
De Houston à Kinshasa, en passant par Goma et Lubumbashi, le public congolais a exulté. Ce but est bien plus qu’un symbole : il valide le retour historique des Léopards en Coupe du monde après 52 ans d’absence. Pour de nombreux supporters, ce timing relève carrément de la métaphysique. Devenus adeptes de la numérologie l’espace d’un soir, ils ont partagé en masse une équation virale : 6 (Mukau) + 26 (Masuaku) + 20 (Wissa) = 52. Soit, pile, le nombre d’années d’attente de la RDC. Si l’explication prête à sourire et s’apparente à de la pure superstition, elle illustre la ferveur locale.
Ce qu’en pensent Claude Le Roy et Michel Denisot
En Afrique, le débat sur l’intervention de forces mystiques dans le football reste entier. Claude Le Roy, qui a passé 41 ans sur le continent à la tête de six sélections nationales, a d’ailleurs témoigné de cette réalité sur le plateau de Canal+ : « Il y avait toujours des marabouts ou des féticheurs dans les délégations, qui touchaient des primes au même titre que les joueurs. Ma position était claire : s’ils voulaient les consulter en dehors du cadre de l’équipe, je les laissais libres de leurs mouvements. Ce sont les psy du football africain, ils peuvent apporter un plus mental, mais ils ne doivent pas intégrer le staff officiel. »
Michel Denisot, président délégué du PSG dans les années 90, partage une anecdote tout aussi surprenante. Après la défaite sur tapis vert contre le Steaua Bucarest en 1997 (3-0) pour avoir aligné un joueur suspendu, Paris devait l’emporter 4-0 au retour pour se qualifier. Selon le dirigeant, le miracle a eu lieu grâce aux services d’un marabout africain rémunéré par mandat express. Ce dernier avait annoncé le scénario exact de la rencontre, le nom des buteurs ainsi que les minutes des buts. Score final : 5-0 pour le PSG.
Le terrain avant les fétiches
Pourtant, malgré la réputation des féticheurs de Kinshasa, la réalité du terrain est implacable : la RDC n’a plus gagné la CAN depuis 1974 et aucun pays africain n’a encore soulevé la Coupe du monde. La preuve qu’un sacre exige de la rigueur tactique plutôt que des calculs magiques. Sur Ndimbola, on préfère s’en remettre au football. Mais après tout, si les Léopards l’emportent ce mercredi 24 juin 2026, 5-2, face à la Colombie (coup d’envoi à 4 h 00, heure de Paris), tout le monde acceptera une part de magie. Un choc décisif à suivre en direct.
