Les autorités congolaises ont restreint, ce vendredi 19 juin 2026, la circulation des personnes entre Bunia, Mongbwalu et Aru, trois entités administratives de la province de l’Ituri où la souche Bundibugyo du virus Ebola sévit depuis le mois de mars 2026. Depuis son apparition, 827 cas ont été confirmés et le virus a causé plus de 194 décès, selon les chiffres officiels publiés le 16 juin dernier.
Les transports en commun par bus et taxis collectifs sont désormais interdits entre ces trois villes, d’après un communiqué de la société civile locale que l’Agence congolaise de presse (ACP) a pu consulter. Les convois de commerçants échappent toutefois à cette mesure, une exception décidée par les autorités pour prévenir une pénurie de produits essentiels et de biens de consommation courante. Les équipages de ces camions commerciaux restent, en revanche, soumis aux contrôles sanitaires obligatoires le long des axes routiers.
Sensibilisation en Ituri et au Nord-Kivu
Sur le plan de la sensibilisation, un collectif d’élus de l’Ituri a appelé la population à s’approprier toutes les mesures officielles de lutte contre cette fièvre hémorragique. Un don constitué d’intrants et de produits de première nécessité sera acheminé, ce lundi 22 juin, à Mongbwalu, l’épicentre de la maladie, comme l’a déclaré Néné Kashinde, élu national et vice-président du collectif des parlementaires de l’Ituri.
« Aujourd’hui, nous savons que la maladie existe et qu’elle est parmi nous. Nous devons continuer à vulgariser les messages de prévention, sensibiliser nos proches et respecter les mesures recommandées pour que cette maladie soit éradiquée », a-t-il insisté.
La riposte contre l’épidémie se heurte au déni des communautés locales, qui ont saccagé à deux reprises les centres de traitement des malades. Des initiatives similaires de sensibilisation sont également en cours plus au nord, dans la ville de Butembo, la plus touchée de la province voisine du Nord-Kivu avec 82 cas positifs et 46 décès. Avec un taux de mortalité de 56,1 %, la situation reste alarmante dans la région. Prisca Luanda Kamala, chargée des questions de santé au cabinet du gouverneur, a réuni les leaders communautaires qui se sont engagés à relayer les messages de prévention auprès de leurs proches.
